Nos habitudes de déplacement sont liées à notre environnement : nos choix de mobilités dépendent en grande partie de l'offre de transports et des aménagements existants. Et en particulier, la végétalisation des espaces urbains peut faire une vraie différence !
Les arbres, les haies, les platebandes sont autant d'éléments qui façonnent nos parcours du quotidien, sans que nous y fassions toujours attention. Focus sur les nombreux bienfaits de la végétalisation des villes !
Quel impact de la végétalisation sur la pratique des mobilités actives en ville ?
La présence de la nature en ville a une influence positive sur la pratique des mobilités actives, d’après une étude internationale de Frontiers in Public Health réalisée en 2024 (source). Les témoignages de piétons et cyclistes, ainsi que les données d’utilisation d’applications mobiles prouvent en effet que la végétalisation améliore la perception globale du trajet, et notamment en matière de :
- sécurité,
- esthétique,
- convivialité,
- confort,
- et de réduction des nuisances.
Une autre étude réalisée à Boston par Cities confirme en effet une préférence des cyclistes et des piétons pour des aménagements impliquant une séparation de la piste cyclable et/ou du trottoir avec la route matérialisée par des arbres et des arbustes (source).
Les cyclistes et piétons interrogés ont précisé que ce type d’aménagement limitait leur perception du trafic automobile, leur exposition à la pollution de l’air et apportait un gain de fraîcheur.
Quels sont plus globalement les avantages de la végétalisation des villes ?
Les bienfaits de la végétalisation sont multiples. La nature en ville offre :
- un environnement plus agréable, apaisé et attractif, donc propice au bien-être et à l’activité physique. Les espaces verts ont un effet positif avéré sur la santé mentale et leur préservation constituent à ce titre un enjeu de santé publique (Source : Santé publique France),
- un refuge pour la biodiversité : oiseaux, insectes, petits animaux…
- une régulation thermique : végétaliser permet de rafraichir efficacement les rues en offrant des espaces ombragés, mais aussi grâce au phénomène d’« évapotranspiration » des végétaux qui humidifie et rafraichit l’atmosphère,
- une prévention des risques d’inondation : moins le sol est recouvert d’une couche « imperméable » telle quel le bitume, plus il est en mesure de « boire » l’eau et donc d’éviter un phénomène d’accumulation et de ruissellement,
- une amélioration de la qualité de l’air : les arbres absorbent du CO2 et produisent de l’oxygène. Par ailleurs, ils peuvent capter une partie des polluants, des poussières, des cendres et du pollen en suspension dans l’air, qui viennent se fixer dans leur feuillage
En d’autres termes, végétaliser permet de créer des espaces propices au vivant sous toutes ses formes et de réduire les risques liés au dérèglement climatique (inondations, réchauffement). C’est aussi rendre la ville plus praticable et plus conviviale au quotidien.
Quelques exemples d'aménagements qui placent la végétalisation et les mobilités actives au centre
Passons en revue quelques termes que vous avez peut-être déjà entendus !
Les « rues-jardins » ou « rues végétalisées » : il s’agit souvent de rues où les voitures sont interdites ou autorisées de façon restreinte, et qui offrent la part belle aux plantes. Les trottoirs sont partiellement végétalisés et les habitants peuvent y cultiver des plantes en pot ou en terre le long des façades, sur l’espace public. Cela crée des espaces apaisés, propices à la promenade.
Les « îlots de fraîcheur » : ce sont des espaces extérieurs ou intérieurs naturellement frais. C’est-à-dire qu’ils présentent des températures sensiblement inférieures aux zones urbaines alentours. Cela peut être un parc ou jardin, un monument ancien, un cours d’eau, une forêt urbaine… Ces lieux servent à différents usages tout au long de l’année. En cas de fortes chaleurs, ils peuvent faire office de refuge pour se rafraichir et offrir un lieu de pause bienvenu aux cyclistes et piétons.
Les voies vertes : on pourrait les définir comme le parcours rêvé d’un cycliste ! Car il s’agit de voies dédiées aux modes de déplacements non motorisés : vélos, trottinettes, piétons, rollers ou cavaliers sont admis. Mais pas les voitures ou les motos. Ces aménagements permettent de se promener dans des espaces naturels en toute sérénité ! Vous pouvez consulter la carte des voies vertes ici pour planifier votre prochaine escapade : carte des voies vertes et véloroutes de France | AF3V.
La végétalisation, à quel prix ?
Les démarches de végétalisation sont parfois freinées par leur coût, qui peut parfois être élevé lorsqu’il s’agit de surfaces importantes et d’espaces pollués. La démarche complète est évaluée entre 50 et 800 € du mètre carré selon les situations (source : Courrier des maires) !
Aux coûts de désartificialisation, s’ajoutent les coûts d’entretien des espaces végétalisés. En effet, planter des arbres et des haies en milieu urbain suppose de les tailler régulièrement pour éviter qu’ils puissent représenter un danger pour la circulation par exemple.
Ces coûts sont toutefois à mettre en regard avec les bénéfices de la végétalisation sur la santé publique. Par ailleurs, ils permettent de générer des emplois locaux, non délocalisables.
