Quand le numérique influence les comportements sur la route 

Les réseaux sociaux (TikTok, Instagram, Snapchat…) font entièrement partie du quotidien de millions de jeunes. On y trouve de l’info, des conseils, du divertissement, mais aussi des contenus mettant en scène des comportements parfois dangereux. Sur la route, certaines vidéos d’excès de vitesse, de défis ou de cascades cumulent des millions de vues.  

Alors, quel impact ces images peuvent-elles avoir sur les comportements ? Mon trajet vert vous répond dans cet article. 

Pour mieux comprendre l’impact des contenus des plateformes numériques sur les comportements, une étude a été menée par l’Institut Vias (est-ce qu'il faut préciser que c'est une étude belge et non française ??) sur ce sujet en 2026. Elle a été conduite auprès de 1 000 jeunes âgés de 18 à 26 ans et a permis d’analyser 80 vidéos présentant des comportements à risque dans la circulation. 

Les contenus observés dans le cadre de cette étude mettaient en scène : 

  • des excès de vitesse ; 
  • l’utilisation du téléphone au volant ; 
  • des courses poursuite entre véhicules ; 
  • des drifts ; 
  • des wheelings à moto (roue arrière). 

Les résultats montrent que ces vidéos sont loin d’être marginales. TikTok et Instagram apparaissent comme les principales plateformes de diffusion de ces contenus. Plus un utilisateur interagit avec ces vidéos, en likant, en commentant ou en partageant, plus les algorithmes lui proposent des contenus similaires. Un mécanisme qui peut rapidement créer une forme de bulle numérique

Pourquoi ces vidéos rencontrent-elles un tel succès ? Parce qu’elles captent presque instantanément l’attention en jouant sur des ressorts puissants :  

  • l’adrénaline, 
  • la performance, 
  • le spectaculaire. 

Bien sûr, regarder une vidéo de conduite dangereuse ne conduit pas automatiquement à reproduire ce comportement. Mais un visionnage répété de ce type de contenus peut amener à relativiser la notion de danger, à transformer la perception du risque et ainsi à rendre plus acceptables socialement ce type de conduites à risque. 

C’est l’un des principaux enseignements de cette étude. Les personnes qui regardent le plus ces vidéos déclarent, également, avoir davantage de comportements à risque sur la route et plus d’amendes. En effet, les répondants ayant reçu plus de 5 amendes au cours de l’année passée avaient visionné plus de dix jours par mois ces vidéos montrant des comportements dangereux au volant. 

Pour autant, l’étude fait la part des choses : elle ne démontre pas un lien de causalité direct. Le problème tient à la manière dont le danger est représenté. Ces contenus qui créent la sensation sont souvent les plus spectaculaires, et donc les plus regardés. Les images montrent l’action, la vitesse, la montée d’adrénaline, mais rarement les conséquences réelles : accidents, blessures graves, handicaps ou impacts sur les autres usagers. 

Cette mise en scène peut également créer une illusion de maîtrise. Le conducteur semble garder le contrôle, la vidéo se termine bien et les commentaires valorisent la performance. Le risque paraît alors moins important qu’il ne l’est réellement. 

L’objectif n’est pas de diaboliser les réseaux sociaux, mais de mieux encadrer les contenus les plus problématiques et de développer l’esprit critique des utilisateurs

Les plateformes disposent d’abord de leviers importants. Elles peuvent renforcer la modération des contenus dangereux, supprimer certaines vidéos ou réduire leur visibilité. Des messages d’avertissement peuvent également apparaître lorsqu’un contenu présente des comportements risqués. 

Les campagnes de prévention ont également tout intérêt à se déployer sur les réseaux sociaux, et c’est déjà le cas. Là où les jeunes passent du temps, les messages de sécurité peuvent trouver une audience importante. Les formats courts, les témoignages ou les partenariats avec des créateurs de contenu permettent souvent de toucher efficacement les publics concernés. 

Les réseaux sociaux ne créent pas à eux seuls les comportements dangereux, mais ils participent à façonner les normes et les représentations. Comprendre cette influence constitue donc un enjeu majeur pour améliorer la sécurité routière à l’ère du numérique.