Quand vous imaginez la ville du futur, vous voyez des voitures volantes ? En y réfléchissant bien, pas sûr que ce soit finalement la meilleure façon d’allier fluidité, écologie et sécurité. Regardons plutôt du côté des transports en commun, qui ne cessent de se réinventer pour offrir une meilleure expérience de déplacement. Nouveaux modes, expérience voyageur améliorée… Cap sur les tournants que prennent les transports collectifs !
Des innovations en marche pour les modes de transport urbains
Pour s’adapter à tous les besoins de déplacements dans les différents territoires, nos villes font preuve d’imagination et déploient de nouvelles solutions de transports :
- Les téléphériques urbains : ils offrent une dimension aérienne à la ville. À Brest, le premier téléphérique urbain français relie depuis 2016 les deux rives de la Penfeld. Silencieux, moins polluant et capable de transporter 1 200 passagers par heure et dans chaque sens, il séduit les habitants comme les touristes.
L’Ile-de-France vient aussi de mettre en service son premier téléphérique urbain avec Câble 1, qui relie Créteil et Villeneuve-Saint-Georges depuis fin 2025. Son tracé s’étend sur 4,5 km, relie 5 stations et peut transporter jusqu’à 11 000 voyageurs par jour ! Le temps d’attente entre le passage de deux cabines ? Seulement 30 secondes ! Qui dit mieux ? - Urbanloop : ce projet né à Nancy promet de révolutionner les déplacements urbains avec de petites capsules électriques autonomes. Cette sorte de mini-métro a l’avantage de limiter la surface qu’il utilise puisque sa structure n’est pas ancrée dans le sol. Il offre un transport à la demande, sans attente et sans conducteur. Déjà en service à Saint-Quentin-en-Yvelines pour desservir une base de loisir, UrbanLoop doit aussi se déployer à Nancy à l’horizon 2028. Et pour couronner le tout, il a même battu le record mondial d’efficacité énergétique avec seulement 0,05 kWh par km.
- Les navettes autonomes : oui, les transports en commun ont pris de vitesse les voitures individuelles puisqu’ils ont une longueur d’avance sur le véhicule autonome ! Plusieurs petits bus électriques et autonomes ont déjà été mis en service depuis quelques années sur des tronçons bien définis. C’est le cas à Nice, dans le Pays de Brenne, dans les Yvelines ou encore à Massy-Palaiseau. Grâce à des capteurs et un système de commande piloté par un logiciel d’intelligence artificielle, ces navettes sont en mesure de se conduire toutes seules pour effectuer leur trajet.
Des systèmes d’exploitation plus intelligents
Les modes de transports publics traditionnels (métros, bus…) connaissent eux aussi une révolution intérieure ! En particulier grâce à de nouveaux systèmes d’exploitation qui améliorent leur performance.
- Côté ferré, sur le nouveau tronçon du RER E entre Pantin et Nanterre en Ile-de-France, c’est le nouveau système d’exploitation « NExTEO » qui est aux commandes. Il permet d’augmenter la fréquentation et la vitesse des trains, pour faire circuler jusqu’à 28 trains par heure, avec un intervalle de 108 secondes entre chaque train. Ce système d’assistance automatisée à la conduite doit aussi permettre de réduire le temps de retour à la normale à la suite d’un incident.
- Côté bus, la plateforme française Pysae permet de suivre en temps réel les bus sur le réseau. Les exploitants savent en direct si un bus est en avance, en retard, ou à l’arrêt. Les usagers, eux, peuvent consulter la position exacte sur leur smartphone et recevoir des notifications en cas de perturbations du trafic sur la ligne. Ce suivi connecté permet de réduire le sentiment d’attente inutile en offrant une information plus fiable sur l’état du trafic.
Dans les bus nouvelle génération, on trouve aussi des systèmes d’aide à la conduite pour les chauffeurs :
- avertisseurs permettant d’éviter les collisions avec des piétons et des cyclistes,
- aide au maintien de trajectoire avec avertissement en cas de dépassement d’une ligne blanche,
- détection de marche arrière et des angles morts par capteur ou caméra,
- dispositif anti-distraction qui avertit en cas de somnolence et de perte d’attention.
Les données au service de la fluidité
Les déplacements urbains sont devenus un immense jeu de données. Les opérateurs s’en servent pour anticiper, ajuster et mieux gérer la demande au quotidien. Quelques exemples :
- la société française Alyce installe des capteurs pour analyser en temps réel le flux de passagers dans les transports publics. Ces données permettent d’ajuster la fréquence des bus, la taille des rames, voire les horaires de correspondance.
- l’outil de simulation et de prévision d’Entropy permet de mettre en place un système efficace de transport à la demande pour tous les modes partagés (auto-partage, vélos et trottinettes en libre-service, navettes autonomes…). L’analyse prédictive de cet outil d’intelligence artificielle permet d’anticiper quelle sera la tendance des demandes des utilisateurs dans les prochaines heures, pour mieux gérer la répartition de la flotte de véhicules selon les besoins.
- la société EAO France a de son côté développé une solution permettant aux voyageurs d’un train ou d’un car de visualiser en un coup d’œil les places qui sont déjà réservées et celles qui sont libres, grâce à un système lumineux. La solution idéale pour répartir le flux des passagers et gagner en confort au démarrage de son voyage.
Le confort se cache dans les détails
L’innovation n’est pas qu’une affaire de nouvelle technologie. Le confort et l’accessibilité font aussi partie des dimensions en constante évolution pour offrir une expérience plus agréable aux voyageurs.
- Lumière et espaces : les gares et stations repensent leur éclairage pour apporter bien-être et sécurité. La clarté réduit les incivilités et améliore la perception de confort.
- Accessibilité et signalétique : rampes d’accès pour faciliter le passage du quai à la rame, contrastes visuels, signalétique sonore, ascenseurs… Les transports deviennent plus inclusifs. C’est le cas par exemple des nouvelles rames BOA du métro de Lille, qui propose des espaces facilement identifiables depuis les quais pour les usagers en fauteuil roulant et aux personnes à mobilité réduite. Les rames sont également équipées de bandeaux LED qui affichent la prochaine station et d’un voyant lumineux pour indiquer le sens d’ouverture des portes.
- Intermodalité : l’intégration de supports vélos sur les bus, l’aménagement d’espaces vélo sécurisés et de ponts vélos aux abords des gares permettent de simplifier au quotidien les trajets multimodaux. L’usager peut passer sans contrainte du vélo au bus ou au train.
- Recharge et connectivité : de plus en plus de bus et trains proposent le Wi-Fi, des prises et des ports USB.
Alors avec toutes ces innovations, ne perdez pas de temps et partez découvrir votre réseau de transport en commun le plus proche !
Crédit photo : Ile-de-France Mobilités
