Nos déplacements à l’heure du numérique

Et si on déverrouillait nos déplacements grâce au numérique ? Se déplacer, c'est une expérience très concrète. Et pourtant, le digital est une des clés pour faciliter nos déplacements. Passons en revue ce que le virtuel apporte au réel dans la mobilité du quotidien !  

À Lille, la métropole propose désormais de charger directement sa carte Pass via son smartphone, sans avoir besoin de passer par une borne physique. Il suffit de télécharger l’application Ilévia, créer un compte et coller sa carte Pass Pass à l’arrière du smartphone pour que les titres achetés soient transférés sur la carte. 

En Île-de-France, prendre le bus va devenir encore plus simple. Dès l’été 2026, il sera possible de valider son trajet directement avec sa carte bancaire, sans avoir à acheter de ticket à l’avance ni à prévoir de monnaie. Une évolution logique, puisque depuis novembre 2025, les tickets papier ont totalement disparu du réseau Île-de-France Mobilités. 

À Strasbourg, il est possible, depuis l’été dernier, de remplacer son pass Badgéo par son smartphone sur les bornes de validation et ce, même sans connexion internet.  

Faciliter l’accès à l’information, c’est essentiel pour permettre aux usagers d’améliorer le confort et l’efficacité de leur trajet. Alors, que nous offre le digital en la matière ?  

  • Une information en temps réel : c’est toujours utile de savoir, en amont, si notre train est supprimé, notre ligne de bus déviée ou notre métro en panne… Pour se rabattre plus rapidement vers une autre option d’itinéraire, de plus en plus de réseaux de transports transmettent des informations en temps réel via leur application, avec la possibilité de s’abonner à certaines lignes pour recevoir une notification en cas de problème. D’autres disposent aussi de comptes sur les réseaux sociaux (sur X notamment) animés par des community managers dédiés, pour une communication en direct sur l’état du trafic. 
  • Une information géolocalisée : lorsqu’on planifie notre trajet, il est désormais possible, à travers certaines applications mobiles, de visualiser en direct l’ensemble des solutions disponibles. Vélos en libre-service, réseaux ferrés, taxis/VTC, bus, trottinettes… Très pratique pour comparer en un coup d’œil les avantages de différentes solutions en matière de prix, de temps de trajet et d’émissions CO2 notamment ! C’est ce que propose l’application CityMapper, ou parfois certaines applications de réseaux de transport locaux, comme en Région Auvergne-Rhône Alpes. Son application Oura associe les différents réseaux de transport de la région pour centraliser les informations relatives à différents modes (aussi bien TER que vélo, bus, marche…). Cette centralisation s’inscrit dans le concept de « Mobility as a service », c’est-à-dire l’idée qu’il faut concevoir la mobilité comme un service en offrant aux usagers un service intégré, complet et simple pour leur permettre de se déplacer plus facilement. 
  • Des interfaces plus adaptées et interactives : de plus en plus de réseaux de transports adoptent aussi le « chatbot », c’est-à-dire les services d’un « agent conversationnel ». L’objectif ? Répondre rapidement à vos questions, 24h sur 24h, pour vous aider à planifier votre itinéraire, connaitre les conditions d’échange d’un billet ou encore avoir de l’information sur les tarifs en vigueur.

  • Des interfaces digitales peuvent aussi aider les personnes en situation de handicap dans leurs déplacements. La start-up Ezymob a ainsi développé l’application « Ginko Guide » pour le réseau de transport de l’agglomération de Besançon, qui permet un guidage audio en temps réel pour les personnes malvoyantes et non-voyantes. En combinant la caméra du smartphone et l’intelligence artificielle, elle permet notamment de repérer la porte d’entrée et les sièges libres dans un bus ou train puis guider son utilisateur, avec des notifications sonores ou des vibrations. L’application peut également compter les arrêts du bus et alerter sur le bon moment pour descendre. 

En tant qu’usager, on ne le voit pas toujours, mais le digital est aussi de plus en plus utilisé par les opérateurs de transports pour fiabiliser leur service, par exemple avec :  

  • L’installation de capteurs qui envoient des données en temps en réel pour permettre une détection précoce d’éventuelles anomalies sur les équipements du réseau. Cela permet de réagir de façon préventive avant qu’une panne impactant le trafic puisse survenir. 
  • L’utilisation de systèmes d’exploitation qui permettent d’optimiser les distances entre les trains ou métro afin d’améliorer leur régularité et leur fréquence, ou encore de superviser en temps réel l’ensemble d’un réseau de bus pour repérer les retards, bouchons, incidents et agir en conséquence pour limiter les impacts. 
  • L’analyse des données digitales relatives aux temps de parcours des véhicules et à la validation des titres de transport, pour identifier les éventuels points de friction sur les trajets et adapter l’offre de transport en conséquence (horaires et correspondances par exemple).  

Pour autant, ces solutions ne remplacent pas l’importance du contact humain, notamment lorsqu’un usager rencontre une difficulté ou a besoin d’un accompagnement spécifique. Et parce que la fracture numérique reste une réalité pour de nombreux Français, le tout digital ne peut être une réponse unique et doit rester un complément, au service de toutes et tous.